Cinéma - Wargames de John Badham (1983)

C’est encore un film culte, pour moi, un de ceux qui marque durablement une vie quand on le voit pendant l’adolescence. Un des premiers films mettant en scène un pirate informatique, d’ailleurs…ce qui construit une légende, et en plus sans sweat à capuche !

Je sais que techniquement et esthétiquement le film est totalement dépassé mais avec les années, cela lui rajoute encore plus de charme. Si « 2001 l’odyssée de l’espace » avait son HAL, Wargames a aussi son ordinateur tout puissant, le WOPR (non pas le Burger…encore que). Mais le fait que le héros soit un adolescent jour forcément beaucoup dans l’identification que j’ai pu en avoir :

« Au début des années 1980, alors que la guerre froide entre les deux « blocs » (États-Unis et occidentaux face aux bloc de l’Est dirigé par l’URSS) bat son plein, David Lightman, un jeune collégien américain et pirate informatique pendant son temps libre, accède à distance et sans le savoir à un des systèmes informatiques appartenant au réseau de Défense américain : le NORAD.Entrant en communication avec le supercalculateur appelé WOPR (« War Operation Plan Response ») ou « Joshua », un ordinateur du NORAD programmé pour prédire les résultats possibles d’une guerre nucléaire, Lightman, croyant jouer à un jeu vidéo, fait lancer par WOPR une simulation de guerre nucléaire (avec le programme intitulé « Guerre thermonucléaire globale »).

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C’est bien le John Badham de la Fièvre du samedi soir, mais aussi de films aussi essentiels que Short Circuit ou Drop Zone qui s’illustre là. Sans rire, c’est sûrement son film le plus abouti. On a une musique très réussie mais très datée par Arthur Rubinstein, un casting réussi avec le jeune Matthew Broderick, la girl next door Ally Sheedy et un John Wood charismatique, plus pas mal de second rôles bien connus de l’époque. Et même un Michael Madsen dans un petit rôle. Remettons ça dans le contexte technique de l’époque. En 1982, l’informatique personnelle est balbutiante, le gros succès étant l’Apple II. Pas d’internet évidemment et voir un modem est quelque chose d’assez incroyable puisque le bidule qui sert à se connecter avec le combiné de téléphone est de cela, c’est à dire un coupleur qui passe par le son. L’ordinateur de notre héros était donc un IMSAI 8080, me dit Wikipedia, ce qui a le mérite d’exister. Ce matériel était dépassé à l’époque, c’est certain mais il passait bien à l’image par rapport à ce qui se faisait.

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L’image, c’est ce qu’il reste. On emprunte allègrement à la légende des gros ordinateurs, des premiers jeux de stratégie et des comparaisons avec les humains. Nous sommes encore dans la guerre froide et cela installe une tension dans le film. La guerre des étoiles de Reagan c’est maintenant… Pourtant c’est bien un teen-movie mais dans le haut du panier. Il y a des poursuites, de l’action, du suspens et ça marche. Je l’ai revu régulièrement et je trouve toujours cela craquant. C’est l’image type de la banlieue US des années 80, avec son lycée, le surdouée qui est vu comme un cancre parce qu’il n’est pas dans le moule. Je dois certainement le regarder aussi avec de la nostalgie, un regard aussi sur cette préhistoire de l’informatique que j’ai en grande partie vécue. Si bien que je ne sais pas comment ce film peut-être reçu par un public d’aujourd’hui. J’imagine avec des rires quand on voit la lenteur de ces ordinateurs, leurs possibilités si limitées. Et pourtant, sans tout cela, nous n’aurions pas le petit terminal dans notre poche qui permet de lire cet article.

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C’est donc un plaisir très personnel de revoir ce film qui ne passe plus beaucoup sur les antennes. Il a eu droit à une ressortie en salle, pour les fous comme moi, qu’on appelle les « vieux geeks ». L’image du Hacker était ici positive, lumineuse même alors qu’ensuite elle s’est assombrie pour tomber dans une caricature… (si si, même Mr Robot). Donc regardez ce Wargames et vous ressentirez sûrement un peu de ma joie lorsque je le regarde encore.

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Written on September 2, 2020
Categorie : cinema, geek
Tags : cinema,1980s,film,geek,espionnage,aventure