Cinéma - Une Belle Équipe de Mohamed Hamidi (2020)

Voilà un film qui ne partait pas gagnant pour moi : Kad Merad (qui collectionne autant les bonnes surprises que les navets), le football comme sujet, une comédie française… Comme quoi il ne faut pas partir sur des à-priori et des qu’en-dira-t-on.

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Alors il s’agit d’une histoire parlant de foot-féminin, d’égalité homme-femme aussi. D’ailleurs c’est bien madame qui a choisi le film. Je n’ai rien contre, juste que je n’en attendais rien. Pourtant le casting est attirant… J’aime bien Kad, malgré ses errements, depuis l’époque OuiFM. Et lorsqu’on rajoute Celine Sallette (Corporate), Laure Calamy (10% et bien d’autres où l’on ne l’oublie pas), Sabrina Ouazani (depuis La Graine et le mulet jusqu’au très récent Jusqu’ici tout va bien du même réalisateur) et Alban Ivanov, ça me va. Ce dernier est quand même toujours dans le rôle du beauf loser au grand coeur, comme ce qu’il affiche dans ses sketchs. Il faudrait ajouter André Wilms et d’autres actrices qui donnent une franche gaieté au film.

Nous sommes dans une ville fictive du nord de la France, Clourières, dont le club de football amateur fête ses 90 ans. Mais lors d’un match, une bagarre générale se déclenche et la fédération suspend les licences de toute l’équipe alignée. L’entraîneur (Kad) propose sur une idée de sa fille, de faire jouer des femmes à leur place pour les trois derniers matchs. C’est donc l’aventure de cette équipe qui agglomère jeunes et moins jeunes, pauvres et riches, qui nous est contée. Evidemment, les hommes du village ne voient pas d’un très bon oeil les entraînements de leurs femmes qui leur laissent les tâches ménagères, éducatives, …

Comme dans toute comédie, il y a son lot de clichés. Nous avons donc des mecs qui ne pensaient qu’à aller au foot le soir, au bar le restant du temps et laissaient tout le sale boulot à leurs femmes. Cliché ? Hum pas si sûr quand je regarde autour de moi. Mais nous les voyons bien idiots, fainéants, dépassés par les événements avec pour seules réponses des remarques bien beaufs. Il faut un méchant, ce sera l’ancien président du club dont la femme (Laure Calamy, petite fille du fondateur) joue aussi dans l’équipe pour s’émanciper de son rôle de bourgeoise catho bon teint. Le tout se fait en retournant justement le cliché du joueur de foot amateur et du supporter.

Et l’histoire fonctionne bien finalement, avec des dialogues plutôt efficaces, un casting qui a l’air heureux de jouer, dans tous les sens du termes et un scénario qui n’enfile pas trop les perles du genre pour une fin connue d’avance. Il y a des rebondissements et des surprises, quelques moments jubilatoires, juste ce qu’il faut. Ça ne choquera personne, parce que c’est TF1 qui produit et ça passera très bien le dimanche soir. Il y avait des enfants dans la salle, des personnes agées, ça riait ou au moins ça souriait. Donc mission accomplie pour cette comédie qui dégage de la sympathie. Pas indispensable, mais ça se laisse vraiment bien regarder.

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Et puis il faudrait rappeler qu’au temps où les hommes étaient à la guerre ou pansaient leur plaies, des femmes jouaient au football et en remontraient aux équipes masculines, avant que les fédérations ne les interdisent… Ce retard forcé se rattrape vite et je prends moi même bien plus de plaisir à regarder du football féminin aujourd’hui que cette comédie masculine hebdomadaire. Sans insister sur cela, ce film participe quand même à la popularisation du sport féminin, notamment amateur, quand le fric ne vient pas encore tout pourir.

Written on January 20, 2020
Categorie : cinema
Tags : 2020s,Cinéma,comédie,féminisme,Film,football