Cinéma - That's Entertainment 1, 2 et 3 (1974 - 1994)

Si vous voulez comprendre pourquoi je suis si sévère avec les comédies musicales récentes, si vous ne connaissez rien à cette période du cinéma hollywoodien, ou si comme moi vous êtes fan de danse, de Fred Astaire, etc… Ces trois films (le premier s’appelle Il était une fois Hollywood en français) sont des indispensables !

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Attention, les éditions Montparnasse ont sorti aussi un coffret avec le même nom et qui parle des films et stars de l’age d’or des studios. Ici, il s’agit d’un film de la MGM sur les comédies musicales essentiellement de la MGM avec les stars du studio. La trilogie n’a pas été éditée en français mais il est assez facile de retrouver des versions “en ligne”, ou alors le coffret en DVD zone 2. Pour la VOD, je ne sais pas.

A l’origine, ce film était un moyen de rendre hommage à un genre qui avait disparu, la comédie musicale. En 1974, Fred Astaire se retrouve dans “La tour infernale”, bien loin de ses rôles passés. Gene Kelly peine à trouver des rôles depuis les “Demoiselles de Rochefort”, cet hommage … particulier au genre. Ce dernier aura un grand rôle dans la création de cette sorte de documentaire / Best of dont le maître d’oeuvre est Jack Haley jr, fils de l’acteur du… Magicien d’Oz, un des premiers chefs-d’oeuvre du genre. Nous avons une alternance classique de témoignages des acteurs en 1974 avec des suites de numéros, commentés. Mais il y a aussi des inédits dont un… : La rencontre Fred Astaire - Gene Kelly, en dehors du numéro de Ziegfeld Follies. Pour le reste, il y a des stars à revendre : 

Que la comparaison est cruelle avec ce que l’on fait aujourd’hui. Parmi les stars citées, certaines ne chantaient pas et étaient doublées mais les spécialistes ne trichaient pas, étaient des artistes complets. Quand on voit les pauvres pas du pataud Jean Dujardin dans The Artist, pourtant chorégraphié par un spécialiste (Bérénice Bejo sort du lot, tout de même), quand on voit les chorégraphies molles de La La Land, le manque de charisme et de talent des acteurs du Retour de Mary Poppins, c’est flagrant. J’ai du mal à comprendre qu’on ne puise pas plus dans le vivier des comédiens de Broadway, au lieu d’imposer des acteurs/actrices plus ou moins connus. Après cette période qui a commis bien des excès dans le genre (les numéros 2 et 3 les montrent un peu plus…), il y a eu peu de films marquants : West Side Story renouvela le genre au point de le tuer. Grease le rendit plus rock’n roll, Fame ou Hair plus à la mode du moment. Et Chicago reste peut-être la dernière incursion réussie dans ce style, du moins pour ce qui est de la musique américaine (je mets à part Mamma Mia… ou Rock of Ages)

Jusqu’à encore récemment, je n’avais pas vu le numéro 3, sorti tardivement avec des stars plus oubliées comme Lena Horne ou Ann Miller. On y retrouve un bel hommage à Fred Astaire, Judy Garland, Gene Kelly, Cyd Charisse, par exemple, toujours avec des numéros inoubliables. On a toujours le “Girl Hunt Ballet” de The Band Wagon, par exemple. On réalise moins que les chansons (dont “That’s entertainment”) étaient souvent reprises de films en films avec d’autres interprètes. Mais le 3 vaut pour quelques inédits montrant des coulisses de tournage, le gigantisme des décors et puis… une scène coupée de The Band Wagon avec une Cyd Charisse reprenant un numéro de Joan Crawford ou encore une danse de Fred Astaire reprise quasiment à l’identique dans deux prises très différentes pourtant.

Il en ressort un sentiment de joie, pour un cinéma qui ne se prenait pas tant que ça au sérieux, malgré la somme de travail incroyable pour arriver à ce résultat à l’écran. On redécouvre quelques perles, quelques films qui ne valent parfois que pour une scène. On a envie de danser, chanter, et surtout rêver… Car ce qu’on a longtemps reproché à ce genre, c’est de voir un numéro dansé arriver d’un seul coup dans une scène. Comme disait la nageuse Esther Williams, le studio se demandait toujours comment me “déshabiller” pour me faire plonger dans l’eau, sachant que la censure était sévère. On parle aussi du manque de présence des noirs à l’écran, Lena Horne étant tolérée comme métisse. Voir Joan Crawford en blackface choque plus aujourd’hui et rappelle les progrès, comme Fred Astaire obligé d’insister pour faire apparaître un danseur noir à l’écran ou rendant un hommage à un des pionniers “noir” du genre. Pour tout passionné de cinéma, ces trois films sont des témoignages essentiels et qui permettent surtout une excellente introduction au genre. Il y avait une exposition à Paris sur la comédie musicale… J’ai du mal à imaginer cela autrement qu’en m’asseyant dans une salle ou devant mon écran pour profiter, comme s’ils sortaient aujourd’hui, de tous ces grands moments.

bande annonce

Written on June 4, 2019
Categorie : cinema
Tags : 1940s,1950s,1970s,Cinéma,cinemathequeideale,comédiemusicale,documentaire