Souvenir de Gamer - Tetris (1984)

Je ne vais surement pas présenter ce classique parmi les classiques mais c’est un jeu qui a su traversé les générations avec un principe tout simple : Empiler des formes géométriques.

Nous sommes en 1984 et en Russie, un certain ingénieur Alekseï Pajitnov développe un jeu basé sur le principe du Pentomino. Le jeu se diffuse de manière virale à travers les pays de l’est jusqu’à arriver en occident. Les droits appartiennent alors à l’académie où travaille Pajitnov. Car une société anglaise, Andromeda Software met la main sur une des copies et voit le filon. L’exploitation est revendue à Mirrorsoft en Europe et Spectrum Holobyte aux USA, même si aucun contrat réel n’a alors été signé avec le développeur. Ce n’est qu’en 87-88 que le jeu innonde le monde avec un look volontairement russe et des graphismes moins austères que l’original. Je l’ai découvert sous la bannière Mirrorsoft sur mon Amstrad CPC et l’addiction a été immédiate. Mais selon les versions, les niveaux, scores et difficultés étaient différentes. Dans le cas de la machine anglaise, on avait peu de changement de décors, mais une musique aussi addictive que le principe.

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En 1989, le mur de Berlin tombe, le bloc de l’est suivra. En 1991 Pajitnov s’installe aux Etats-Unis et réclame les droits du jeu à ceux qui en ont largement profité, à travers une communication plutôt complexe. Il lui faudra attendre 1996. Mais en attendant, le jeu a envahi les écrans des ordinateurs et devient un passe-temps pour tous. Sega en a même une version Arcade. Nintendo a bien compris l’intérêt et lorsqu’il sort le Gameboy, il inclut une version de Tetris qui sera pour beaucoup dans le succès de la console. Pourtant, c’est un imbroglio de droits d’auteur qui s’installe avec les nombreuses reventes de licence. Ce faisant, il y a aussi des dérives dans le code et la manière de voir les niveaux, avec aussi des modes de jeux en plus du simple jeu original. Il serait difficile de compter le nombre de versions, entre les officielles et les copies. Pourtant, la programmation du jeu n’est pas si simpliste puisque la difficulté vient à la fois de la vitesse qui augmente mais aussi de l’adaptabilité des pièces en fonction de la configuration des pièces déjà tombées. Il faut que l’ordinateur propose à la fois des pièces variées mais aussi des pièces qui peuvent permettre de créer des lignes à plus ou moins longue échéance.

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Les théories ne manquent pas autour de ce modèle de programmation et les mathématiques qui vont autour. Aujourd’hui, la licence est du coté du géant américain EA Games et on ne peut pas dire qu’elle soit toujours correctement exploitée. Ainsi la version Android est assez pauvre en modes de jeu, tout autant qu’en terme d’ergonomie et de graphisme. Evidemment, le freemium est choisi comme mode de financement, mais on se demande pourquoi l’éditeur n’a pas repris l’excellente version Xbox 360 comme modèle, avec des possibilités de multijoueur et des modes inventifs. D’autant qu’au fil des versions android, le jeu n’a pas évolué dans le bon sens. EA a aussi sorti une version Blitz qui dure 2 minutes…un comble. Bref, le jeu continue d’exister mais parfois il faut s’orienter vers d’autres noms, des clones. Chacun fera sa sélection selon ce qu’il attend du jeu, et avec en mémoire d’autres expériences vidéoludiques.

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En effet, il est simple de corser artificiellement la difficulté en augmentant juste la vitesse et en gardant un tirage aléatoire et non répétitif des pièces. Il est beaucoup plus compliqué de proposer une issue au joueur en fonction de ses choix. C’était tout le secret du jeu originale, justement et avec le temps et le clonage, cela s’est perdu. A se demander, finalement, s’il ne faudrait pas passer plutôt par un des nombreux émulateurs GameBoy ou CPC, plutôt que les portages récents.

Tetris par Alexeï Pajitnov, sorti sur à peu près tout les supports…

Written on June 16, 2016
Categorie : geek
Tags : android,arcade,geek,Geekeries,jeuvideo,retrogaming,1980s