Cinema - Soleil vert de Richard Fleischer (1973)

C’est un des films de science-fiction qu’il faut avoir vu, à défaut d’avoir lu le livre (Make room, make room! de Harry Harrison) dont il est issu. Tout simplement parce qu’il osait parler alors de la surpopulation et de l’épuisement des ressources naturelles, bien avant que l’écologie devienne un sujet majeur.

Visuellement, le film est daté et cela explique sans doute le manque de rediffusion de ce classique. La “solution” proposée n’a rien de politiquement correcte cela explique peut-être pourquoi il n’y a pas eu de remake dans le “climat” actuel. Mais venons en à l’histoire :

image

  1. L’industrialisation du 20ème siècle a conduit à la surpopulation et à la pollution mondiale. Les ressources naturelles étant maintenant épuisées, la population est nourrie par Soylent Industries, une entreprise qui fabrique des aliments de synthèse à partir du plancton océanique. (…) A New york, vivent 44 millions d’habitants à une température étouffante où l’eau est rare. Frank Thorn (Charlton Heston), un policier détective « de premier ordre » du New York Police Department, vit avec son ami Solomon « Sol » Roth (Edward G. Robinson), un vieux juif lettré dans le petit appartement délabré d’un immeuble surpeuplé, où la cage d’escalier est occupée par de nombreux sans-abri. Thorn est chargé d’enquèter sur la mort de William Simonson (Joseph Cotten), un dirigeant de Soylent Green.

Sans révéler trop du film, je peux quand même dire qu’il s’agit d’une dystopie. Le monde n’est pas encore à l’apocalypse mais ça ressemble étrangement à ce réchauffement climatique que nous commençons à vivre. L’enquête permet de rendre tout cela haletant en nous demandant peu à peu ce que peut bien cacher cette société. Et elle cache une solution à “nos problèmes” humains, une solution à cette surexploitation de la planète par l’homme mais en même temps quelque chose qui reste dans un esprit de capitalisme. Comme toute bonne dystopie, cela s’accompagne d’un état qui essaye de juguler cette surpopulation, ces révoltes par la force et des services secrets qui se chargent des basses oeuvres. Mais il y a aussi une vision du rôle de la femme dans cette société qui fait froid dans le dos. Tout cela nous ramène parfois à la condition animale, à l’eugénisme, entre autres thèmes.

Je ne suis pas sûr que Charlton Heston ait bien compris la portée de ce qu’il tournait à l’époque, lui qui n’est pas vraiment porté sur l’écologie ou la sauvegarde de son prochain. D’ailleurs le thème du livre était plus axé sur la natalité et la surpopulation que sur l’environnement, au point que le studio a rajouté le point crucial du film. L’auteur du livre semble avoir accepté mais pas la manière dont cela s’est passé (on ne lui a pas laissé le choix). L’absence de remake vient sûrement de son refus. Accessoirement, c’est le dernier film du grand Edward G. Robinson qui était vraiment en train de mourir. Tout cela en fait donc un film unique, même si Fleischer avait abordé la science-fiction dans “Le Voyage fantastique”. S’il est disponible en DVD pour peu cher, on le trouve aussi sur 4 services de VOD (l’affiche originelle en disait presque trop, la nouvelle est ridicule). De quoi se poser des questions ensuite sur l’avenir de l’humanité dans un monde fini.

Written on August 27, 2019
Categorie : cinema
Tags : 1970s,Cinéma,cinemathequeideale,dystopie,eugenisme,Film,sciencefiction,surpopulation