Santé - Règles vol.2

Dans le précédent épisode, j’avais parlé de soucis de santé qui peuvent arriver autour des règles : Polypes, fibromes, mycoses démangeaisons vulvaires, stases stercorales, …. Mais après ces mauvaises expériences, il faut aussi partager des solutions possibles et décrypter le parcours de la combattante.

Du relationnel

Il faut cesser déjà de voir tout cela comme un tabou mais ce n’est tout de même pas simple à en parler. J’ai tendance à penser qu’un médecin comprend mieux une douleur s’il a vécu lui même quelque chose de proche. En l’occurence sur ce problème exclusivement féminin, j’ai constaté par moi même qu’il était plus aisé de faire comprendre l’extrème douleur physique et psychologique à une femme qu’à un homme. Je ne dis pas que certains médecins homme ne sont pas capable d’empathie mais cela aide à installer un bon relationnel. Et dans le cas présent, il est primordial d’avoir une relation de confiance. Ce n’est tout de même pas le petit rhume saisonnier.

Ensuite, il faut parler du relationnel entre les spécialités, les praticiens et les … laboratoires. Dans le cas qui a préoccupé (et continue à un degré moindre) Madame, j’ai tout vu. Le généraliste fait ce qu’il peut mais va orienter vers des gens qu’il connaît, parfois qu’il a côtoyés dans ses études. Ce n’est pas forcément le meilleur mais ça, on ne peut pas le savoir. Mais le généraliste fait une synthèse entre les spécialités. Le spécialiste a tendance à ne comprendre que la zone qui le concerne. Ici, le gynécologue gère le coté interne de l’appareil reproducteur féminin. Dès que ça commence à être cutané, c’est plus complexe et on va laisser penser que ça vient de l’extérieur. Et comme on a une stase stercorale et des problèmes intestinaux, l’un n’est pas lié à l’autre pour ces spécialistes. Ce n’est qu’au bout d’un an de traitements de toutes sortes et de tâtonnement qu’on a enfin réussi à envisager l’hypothèse d’un passage de l’un à l’autre. Il ne faut pourtant pas sortir de la cuisse de Jupiter pour voir les communications possibles. Mais le pire est avec le relationnel Laboratoires - Médecins

Les laboratoires font appel à des biologistes et non des médecins, qui ne peuvent donner donc qu’un état des lieux, tout en testant éventuellement la résistance de bactéries/champignons à certaines molécules. Les spécialités médicales communiquent entre elles via des lettres de liaison, au mieux, mais le patient a tout intérêt à transporter l’ensemble de ces analyses, traitements, … A un moment, j’ai commencé à écrire l’historique des traitements et analyses depuis un an en prenant tout, mot pour mot. Cette vision globale est ce qu’il manque souvent et j’en suis à 13 pages A4 aujourd’hui. A l’aide de cela il est bien plus aisé de faire comprendre que l’on a tout testé et qu’à un moment, le corps a peut-être une réponse bien à lui. Il y a quelques mois on avait donc des médecins qui voulaient qu’on reprenne un traitement déjà vu et de l’autre des biologistes qui pensaient que le corps avait besoin d’une pause, au milieu un généraliste qui penchait pour l’un et un autre pour l’autre solution.

Démangeaisons vulvaires, suite…

Dans le dernier épisode, je parlais de ce qu’avait causé l’utilisation de serviettes et tampons en continue, suite à ce fibrome. Mais c’était sans compter sans les effets des opérations. Si le fibrome a disparu, les démangeaisons sont revenues aussi sec et encore plus violemment. Un retour auprès du chirurgien et c’était pour lui quelque chose de classique avec les désinfectants utilisés : Mycose périnéale. Un traitement et il n’y paraîtrait plus. Deux semaines plus tard, après une amélioration pendant 2 jours, et c’était reparti de plus belle avec une envie de se gratter insupportable, des rougeurs écarlates sur toute la zone (voir schéma ci dessous)

A part dire “ça ne devrait pas” et prescrire une enième analyse vaginale, pas grand chose. On a eu l’idée de voir une généraliste orientée Accupuncture et homéopathie. A priori, rien à perdre et ça a légèrement attenué les douleurs, mais les rougeurs restaient. Mais l’homéopathie n’a été d’aucun secours. Là encore, on arrive à l’impasse. On tente alors une troisième gynécologue, parisienne, conseillée par la famille, dont un membre travaille dans le milieu pharmacieutique. Elle a l’idée de faire une analyse non pas intra-vaginale mais plutôt cutanée, tout en proposant d’aller voir une rare spécialiste de la dermatologie vulvaire…A ce jour, nous n’avons pas eu le rendez-vous, vue la liste d’attente. Mais l’analyse s’est enfin avérée intéressante : Mycose + Staphylocoque. Et c’est là que la biologiste nous a pris à part pour nous parler de son avis : Arrêter tout car tous les traitements ont été testés (oui, on avait le dossier de 13 pages avec nous). Bilan de notre propre chef nous avons fait un choix :

  • Traiter le problème gastrique à minima avec de quoi solidifier les sels et traiter une infection éventuelle (et non détectable par la coloscopie)
  • Ne plus rien mettre coté vulvaire et vaginal comme crème ou ovule.
  • Nettoyer à l’eau claire et s’essuyer avec des lingettes bébé en coton jetables
  • Ne mettre que des serviettes lavables lors des règles
  • Et bien sur du coton pour les sous-vêtements, mais ça, ça n’a pas changé depuis le début.
  • Prendre de l’huile de nigelle (mais pas n’importe laquelle…)

Bilan : Au bout d’un mois, disparition totale des rougeurs et de manière durable. Plus de démangeaisons. Il reste d’autres problèmes comme la stase mais comme d’autres facteurs stress peuvent intervenir, ça peut s’expliquer. Mais les problèmes ont aussi diminué d’intensité. Madame a retrouvé une vie normale et n’angoisse plus autant pendant les règles. 

Protections ?

Alors on a parlé aussi des coupes menstruelles mais on a vite abandonné cette solution pas très pratique dans la vie de tous les jours. Par contre coté serviettes, ça nécessite un investissement de base pour faire un roulement au lavage. La marque Plim (made in France) est effectivement très bien en terme de tenue dans le temps et de confort avec différents modèles et des couleurs sympa en plus. Sur ce sujet, il y a beaucoup de bons conseils sur le net (contrairement au domaine santé).

Conclusion :

Il me paraît clair que la médecine ne prend pas assez en compte la souffrance des femmes, notamment pour les problèmes de règles. On a encore l’impression que c’est normal de souffrir pour les médecins hommes, mais aussi pour des médecins femmes. Comme pour d’autres problèmes cutanés, on sur-nettoie avec des produits qui finissent par détruire les défenses naturelles. De plus, la zone périnéale a des caractéristiques bien particulières et mal connues (à suivre…). Il faut se souvenir de ce qu’on disait sur les tampons au début, et maintenant on découvre l’étendue des dégâts avec les serviettes. Il y a de plus en plus de femmes victimes de mycoses à répétition et autres démangeaisons vulvaires, même et surtout avec une hygiène qu’on dirait parfaite*. Malheureusement, peu de médecins acceptent de se remettre en cause et de remettre en cause les médicaments mis sur le marché par les labos. L’interaction entre les produits et composés chimiques ne doit pas être sans raison mais pour le savoir, il faudrait accepter d’en finir avec le tabou des règles et l’omerta. Les termes scientifiques et le silence entretenus par les médecins peuvent impressionner mais il faut collecter et synthétiser ces données soi même pour amener à la communication qui manque entre les spécialités.

(*) : Je pense qu’on a essayé tout ce qui existe d’hypoallergénique, ph neutre et compagnie sur le marché…

 

Written on September 18, 2017
Categorie : tuto
Tags : allergies,femme,fibrome,gynécologie,hysterectomie,médecine,opération,règles,Réflexion,santé,serviettes,stasestercorale,tampons