Blog - Mon ordi... dans 2 ans, et ce qui devrait être libre

Cela fait un moment que je me pose la question de ce que je vais faire si une des machines de la maison lâche.

Bah oui, quand une “figure” du libre français pense à tout laisser tomber, ça ébranle des certitudes. Alors bien sur, je suis un peu volage, niveau OS, puisque j’ai encore beaucoup de windows à la maison, que j’ai quand même “vendu” de la Mint à mes parents, que j’ai utilisé du 0S X 10.3 par le passé, du système 7 et 8, du BeOS et que je ne me vois jamais passer à Windows 10, pas plus qu’à Chrome OS d’ailleurs. J’ai aussi utilisé JoliCloud qui a suivi le même chemin que Be….la mort. Bref, là je m’étais plutôt focalisé sur l’emmerdement profond causé par les version d’Iceweasel de ma debian que sur un changement prochain d’OS.

Quel hardware? Dur de faire son choix (y’a un jeu de mot bilingue là)

Mais imaginons que demain, la machine (un petit portable) sur laquelle j’écris cet article, tombe en passe. Il va falloir que je choisisse un couple Hardware-OS. D’abord il faut signaler que l’ordinateur ne me sert que lorsque le smartphone ne peut plus faire l’affaire : Ecriture, retouche photo, configuration de sites. Il me faut impérativement un écran de plus de 10” et un clavier. Pas besoin de tactile et pour le jeu, j’ai des consoles donc j’ai un schéma : Une utilisation - Un produit. La tablette ne peut me satisfaire car écrire là dessus c’est comme tapoter sur une surface dure, ça use. En plus je ne suis pas pour l’hybride pour une raison très simple : La fiabilité de la connectique entre écran et clavier. Au bout d’un moment je n’utiliserai plus cette transformation du produit et le surcoût de cela me paraîtra alors inutile. Le hardware sera donc un ordinateur ultraportable de moins de 13” avec de l’autonomie et une résolution cohérente pour la photo…oui, genre Retina. Et puis je veux aussi pouvoir changer de disque dur, ajouter de la mémoire moi même. Là, je viens d’écraser une pomme pourrie…. Reste alors à mettre un OS en face et le fait même de ne pas avoir de tactile me laisse beaucoup plus de liberté…. en théorie car les portables n’ont jamais fait bon ménage avec le libre avec leurs circuits très propriétaires dont on oublie de développer des pilotes. J’ai donné avec ce satané Toshiba.

Quel OS? Oui, là y’a un os.

Donc pour l’OS je veux être libre… mais quand je dis libre, c’est libre d’adapter l’OS à mon besoin. C’est libre dans la forme avec quelque chose qui peut être joli, coloré mais qui doit rester pratique et réactif. C’est libre d’envisager toute interaction avec les matériels (j’ai changé de marque d’imprimante pour avoir des pilotes multi OS…), que ce soit mon smartphone, mon imprimante, mon NAS, les cartes mémoires, etc… Là, ça se gâte quand même chez Apple et dans certains OS libres. La fermeture du système à la pomme dans certains domaines m’avait exaspéré parfois, tout autant que son avance en matière de vidéo et image. Je vais laisser de coté les OS libres les plus orientés serveurs pour faire un peu de prospective sur ce que je voudrais.

Mon OS du futur, …à moi, rien qu’à moi.

Je soulignais en fin d’année dernière cette impression que les OS n’innovaient plus, qu’il ne se passait plus rien d’intéressant à part un repli sur soi et la connerie du cloud. Cela se voit par la stagnation autant d’OSX que de Windows (qui fait marche arrière) et d’Ubuntu qui pète même un cable avec microsoft*. Mint devient boursouflé, et j’en viens à une conclusion évidente : Comme il y a trop de syndicats en France, il y a aussi trop de distributions/OS. Attention, je suis à la fois pour le syndicalisme comme je suis pour la liberté dans les distributions. Mais quand je dis qu’il y en a trop c’est qu’elles sont mal foutues et obligent presque au fork. En plus, réduire le nombre de distribution et “noyaux” faciliterait aussi le boulot des ….fabricants de périphériques.

Il suffirait que la personnalisation et l’installation soit un peu plus facile sur les 3 ou 4 principales branches du libre (je sais pour l’instant il y en a plus), avec un développement de pilotes de matériels plus unifié et centré sur les noyaux de base pour que cela marche. On pourrait imaginer la suppression pure et simple d’Ubuntu et des dérivés pour ne garder qu’une branche Debian reprenant les bonnes idées ergonomiques. On pourrait imaginer de même sur BSD, sur Slackware ou Arch (il faudra choisir), REdhat…et leurs dérivés. Ainsi l’utilisateur aurait une base modulaire où il choisirait lui même ce qui l’intéresse vraiment et n’aurait plus à tester tout un tas de conneries de distributions mal finies comme je m’étais amusé à faire avant de revenir à la Jessie et que j’ai la flemme de reprendre pour une autre machine. On pourrait ainsi choisir des packs d’icones, des packs de designs de fenêtres ou carrément un environnement. Fini les trucs conçus pour KDE ou pour Gnome qui obligent à des dépendances inutiles et qui alourdissent le tout. On réunit le meilleur mais on ouvre la personnalisation formelle. Entre le poweruser qui veut son truc et l’utilisateur lambda qui ne veut pas s’emmerder, on remplit les usages de chacun dans une installation perso ou guidée. Idem pour ce qui est des bibliothèques nécessaires qu’il faudra simplifier. Et qu’on arrête quand même avec la ligne de commande, snobisme d’un autre age pour faire son kéké. Son recours dans une installation ne doit plus être aussi systématique pour régler les problèmes. Et au niveau des packages logiciels, je veux avoir un choix possible autant en mode “profil d’utilisation” qu’en mode “personnalisé”, dès l’installation. Là encore, l’utilisateur lambda veut quoi ? Une suite bureautique comprenant texte, tableur, présentation, voir ses photos, lire ses vidéos et ses fichiers audios et aller sur le net…mais aussi pouvoir ouvrir correctement les fichiers Open Office et Microsoft Office. Le power user peut lui avoir envie de se passer de certaines choses, dont il a le droit de choisir d’enlever tout ça; de rajouter le juste nécessaire pour avoir son serveur aux petits oignons. Bref, cette alliance du confort d’installation et d’usage avec la personnalisation ultime, elle n’existe pas, ni dans les systèmes fermés avec leurs markets, ni dans les systèmes libres. Mais sur le papier, il me faudrait plus un système libre où je mettrai les mains dans le cambouis. Vient pourtant un problème …. Parce que je peux très bien, une fois mon instal optimale définie, faire l’image disque pour me faciliter la tâche de réinstallation.

Et petit aparté aussi sur les outils de partitions, le choix de mettre une partition de swap, etc….bref le truc qui fait discuter des heures mais qui est proposé de plus en plus en automatique. Est-ce que vous avez cette question sous Windows ou OSX? Non….bref, à part un poweruser qui veut tirer la quintessence de sa machine, on s’en fout ! Donc c’est encore un truc à masquer dans les installateurs sauf coche faite par le spécialiste. On peut par contre considérer que certains OS comme BSD peuvent se contenter de rester plus “roots” ou être orientés sur un fonctionnement très ciblé. On voit bien d’ailleurs que les versions orientées desktop ont été abandonnées. Et malgré tout l’amour que j’ai pour Haiku OS, si avenir il doit y avoir, autant bosser sur un OS complètement innovant plutôt que d’essayer de faire vivre un truc destiné à ….des nostalgiques.

La mise à jour ? ….mais c’est quoi cette version!

Après vient le problème de la mise à jour puisque c’est au coeur des conversations. Je vais faire mon vieux con mais je crois qu’on use et abuse des mises à jours continuelles au point de ne plus rien maîtriser. Quand tu corriges un problème, tu en crées d’autres, c’est connu. Sauf qu’en sanctifiant la bêta, on fait une connerie. Aujourd’hui évidemment, on est sur de l’OS connecté alors que nos vieux OS d’avant n’étaient pas mis à jour toutes les semaines faute de connexion. Cette facilité crée de fait l’envie de sortir un produit non fini, testé à la hâte. Sur les jeux, c’est symptomatique. Sur les OS, on a des rolling releases, la pire invention que j’ai vu. Avec ça, tu es quasi sur de planter ton système pour une fonction un jour ou l’autre. Je parle d’expérience et quand j’ai un système, je veux avoir une machine viable pour au moins 3 ans sans emmerde soft, pouvoir claquer une image disque sans que ça soit un nid à emmerde. Donc je suis pour l’abandon pur et simple de la rolling release et de la beta industrialisée ! Un produit doit subir sa phase de test, un point c’est tout, avec des béta testeurs. Vous imaginez vous si on sortaient des voitures sans faire des tests de toute sorte….Y’en a un qui l’a fait, c’est Citroen avec la M35 à moteur rotatif. Et bien là, on le fait avec des systèmes d’exploitation ce qui est encore plus grave. Une mise à jour tous les 6 mois, une bonne phase de test bien complète et tout le monde s’en portera mieux. Comme en plus on aura mieux bossé sur moins de noyaux et de versions de packages dans tous les sens, ça ne sera pas plus mal.

Alors vous me direz, mon truc ça ressemble pas mal à un système centralisé mais ouvert. Ouep… un système où on aurait un conseil d’experts qui s’occuperaient du noyau et qui n’autoriserait pas à faire n’importe quelle connerie… mais qui en même temps autoriserait la modification de chacun pour proposer des améliorations. Oui, ça revoit complètement la notion de libre dans le sens GNU du terme. C’est participatif, mais on ne peut sortir un fork autrement que pour son usage personnel ou pour un test de faisabilité. On disperse ainsi moins ses forces, et celui qui n’est pas content avec son systemD, et bien il se fait sa version à lui et pour lui et il vient pas faire chier les autres qui ont choisi à plusieurs le devenir de l’OS. Ok, ok, là on entre dans la dimension politique du truc. Car on sait très bien que dans un groupes de personne, il y a des leaders et des suiveurs. Autrement dit, certains seront doué pour imposer une voie de développement en ralliant les suiveurs à eux, tandis que d’autres, qui ont parfois raison de s’opposer, ne pourront que ronger leur frein. Et comme j’avais dit ailleurs mon avis sur la démocratie, je ne poursuivrai pas ce sujet ici. Il n’y a aucun système hiérarchique parfait, car dans le libre, il y a une hiérarchie, quoiqu’en disent les barbus … En réalité, si on regarde bien, il y a des systèmes qui fonctionnent un peu comme ça mais sans avoir atteint la maturité nécessaire au niveau de l’ergonomie, la facilité d’installation et d’utilisation. C’est un peu l’alliance de toutes ces branches du libre qu’il faudrait. Parce qu’en attendant, je ne lâcherai pas mon petit cousin avec une distrib à installer tout seul.

Bon, maintenant je vous laisse vous défouler…. ou pas.

*: linuxTV est élu meilleur pêcheur de poisson du week-end

Written on April 9, 2016
Categorie : geek
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