Série du passé - Une Nounou d’enfer (1993-1999)

Encore régulièrement rediffusée, cette sitcom (au titre plus sobre de The Nanny) a encore une forte côte d’amour auprès du public. Et pourtant, cela ne paraissait pas gagné avec l’exubérante Fran Drescher.

Je me souviens quand elle a commencé à être diffusée le soir sur M6, succèdant aux habituels Cosby Show et autres dérivés. C’était en 1995 et je découvrais cette hallucinante « nounou » plutôt sexy avec ses robes colorées et extravagantes, sa voix haut perchée et nasillarde. Et encore, je n’avais que la Version Française. Mais il y avait d’abord cet amusant générique de début, tout en swing. Fran Drescher, je ne la connaissais que pour des petits rôles au cinéma (Cadillac Man, par exemple), et dans d’autres séries (Madame est servie). New-yorkaise pur jus, elle reste justement à New-york dans ce rôle de juive new-yorkaise larguée par son petit ami, virée de son emploi et trouvant miraculeusement un emploi de gouvernante chez un richissime veuf anglais.

générique

On retrouve tous les ressorts de la comédies à l’américaine : Opposition entre deux personnages et deux mondes qui ne devraient pas se rencontrer, Répliques cinglantes, Running gags, Seconds rôles aussi voire plus intéressants que certains premiers rôles. Si cela fonctionne, c’est justement parce que c’est trop tout le temps, sans laisser le temps de respirer. C’est caricatural et c’est aussi un peu calqué sur le principe de tant d’autres séries (comme Madame est servie, au hasard dont le créateur a fait un épisode). Mais sans Fran Drescher, ça ne fonctionnerait pas. Il faut sa gouaille, son côté Jew-york, fashion victim et ses gimmicks (elle a éternellement 29 ans et une tenue différente par scène) pour que la sauce prenne. Au commande, il y a Peter Marc Jacobson, mari de Fran Drescher à la ville. La série aura raison de leur mariage, pour la petite histoire. La série a eu quelques prix et du succès dans 3 saisons sur les 6 diffusées ce qui poussa la production à des ajustements dans les personnages. Le spectateur voyant les enfants grandir, il y a besoin aussi de faire évoluer l’équilibre entre les rôles.

En dehors de Fran Drescher, nous avons donc Charles Shaughnessy dans le rôle de Maxwell Sheffield, ce producteur de théâtre anglais. Avec son faux air de Richard Gere (accentué par des mèches grises plus tard), il fait tout ce qu’il faut pour incarner le flegme par rapport à une Fran Fine. Réellement anglais, il parvient avec brio à exister au fil des saisons. Car le rôle le plus intéressant est, pour moi, celui du majordome Niles, incarné par Daniel Davis. Il a l’humour pince-sans-rire et la réplique assassine. Il singe à merveille l’anglais, bien qu’étant américain. Face à lui, il faut bien une méchante et c’est le rôle de C.C. Babcock joué par Lauren Lane. Le personnage changera progressivement pour être moins en opposition avec Niles. Fran a une mère tout aussi incroyable qu’elle et même une tante. Ce sont les rôles de Renee Taylor et Ann Morgan Guilbert caricaturales au possible et on les adore.

Les enfants sont presque insipides, surtout Brighton et Margaret. Pourtant ils représentent chacun une époque de l’enfance entre la préadulte qui cherche à devenir femme, l’adolescent pré-pubère et celle qui quitte juste la petite enfance. Dans le rôle de Grace, c’est la très jeune Madeline Zima, avant qu’elle ne devienne Mia Lewis dans Californication. Elle a le rôle le plus évolutif parmi les trois enfants même si dans la première saison Brigton s’en sort bien. Forcément, ils ne doivent pas faire d’ombre ou être trop énervants, façon soeur Olsen dans d’autres sitcoms de la côte… ouest.

Car là aussi, il y a un style très New-yorkais et les invités de la série le prouveront, au moins pour le glamour. Si Donald Trump y fait une apparition, on a quelques figures du Saturday Night Live, des Talk-show US mais aussi de prestigieuses stars comme Elizabeth Taylor, Elton John, Bette Midler, Hugh Grant, Ray Charles, Celine Dion, Whoopi Goldberg, Michael Bolton, Patti LaBelle, Brian Setzer, et j’en passe. Il ne manque que Barbra… mais Fran serait morte d’une crise cardiaque ! Evidemment, pour accompagner toutes ces entrées de stars, on échappe pas aux applaudissement toutes les 30 secondes, aux cris mais ça fait partie du style sitcom US. J’avoue que je les oublie vite même que je revoir un épisode pour la cinquième fois.

Si la première saison se cherche un peu, elle est indispensable, surtout en DVD puisqu’il y a tous les bonus dessus. Les meilleures saisons sont les deuxième et troisième avec un Niles vraiment bien installé et des personnages secondaires mieux définis. La saison 6 est un peu de trop puisque le mariage tant attendu ne permet plus tous les ressorts comiques des autres saisons. Il fallait évider la répétition mais cela tuait en même temps la série. Cela fait quand même 146 épisodes de 22 minutes à se mettre sous la dent. Et c’est typiquement la série qui ne fonctionne qu’à cet endroit (New-york city) avec ces acteurs. Il n’y aurait pas pu y avoir une « La Gouvernante » ou même une version anglaise ou autres.

Si je prends plaisir à la revoir, malgré un style très années 90, c’est justement pour ce débit de gags, tous ces petits détails, ces invités, ces situations totalement exagérées. C’est presque comme le générique, une sorte de dessin animé coloré à souhait et tellement trop qu’on ne peut s’empêcher de faire soi même la bande son d’ambiance. Alors pour la peine, je vous laisse avec un extrait avec Niles et CC (ils ont trouvé refuge étrangement sur TFX).

extrait

Written on August 6, 2020
Categorie : serie
Tags : serie,comédie,1990s,télévision