Cinéma - Music of my life de Gurinder Chadha (2019)

Et dire que j’ai failli rater ce film ! C’est en effet dans la toute dernière séance de mon cinéma que j’ai pu le voir dans une salle quasi vide…Après 3 semaines d’exploitation. Car quel plaisir de retrouver la réalisatrice Gurinder Chadha en pleine forme (Joue la comme Beckham, Coup de foudre à Bollywood).

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Alors bien sûr, j’entends déjà les esprits chagrins (surtout en France apparemment…) dirent que ce n’est qu’encore un film anglais qui joue sur le social, les bons sentiments le tout sur fond musical. Et alors, si c’est réussi !? Car cette adaptation de l’autobiographie du journaliste (et fan de Bruce Springsteen) Sarfraz Manzoor, est un film qui fait se sentir bien, malgré toutes les difficultés rencontrées par son héros alter-ego Jared durant près de 2h. Nous sommes à Luton, dans l’Angleterre ouvrière des années 80, en pleine ère Thatcher. L’usine Vauxhall s’apprète à licencier… Jared, un fils d’immigré pakistanais, s’apprête à passer son bac (enfin l’équivalent). Il n’a qu’un rêve, quitter cette ville où le racisme monte, où il ne se sent nulle part à sa place. Son meilleur ami Matt ne rève que d’avoir du succès avec son groupe de New wave. Mais un jour, il découvre Bruce Springsteen et tout change. 

Car Jared a un père très traditionaliste et sévère (le sujet du modèle d’ “intégration” anglais est esquissé à travers l’opposition père-fils), qui va à l’usine comme s’il allait à la City. La mère est effacée et fait gagner de l’argent en faisant de la couture jour et nuit. Les deux sœurs ne rêvent aussi que de partir, mais pas forcément par le mariage arrangé qu’on leur promet. Avec Springsteen et une prof d’anglais qui l’aide à prendre confiance, il va enfin oser faire lire ses poèmes et ses articles. Il va aussi enfin rencontrer une … fille !

Entre le casting très réussi (une constante chez Mme Chadha) et la bande son, il y a de quoi dire sur ce petit bonheur de film. Certes, ça parle plus à Ma génération, mais aussi à ma sensibilité de Banlieusard. Mais il y a de purs moments de grâce, comme cette scène au marché qui vaut bien un film de Chazelle, si vous voyez ce que je veux dire. On trouve aussi quelques clins d’oeils de la réalisatrice à d’autres films ou à sa propre vie. Le film donne déjà envie de réécouter toute l’oeuvre du boss. Mission réussie, donc. Cela se fait par les impressions des paroles sur l’écran dans les scènes où Jared écoute sa musique. Comme en plus il faut le voir en V.O., ça aide encore plus à entrer dans cet univers musical rock-folk. Ce sont les années 80, celles de la catastrophe sociale anglaise, des millions de chômeurs, des “Job Centre” bondés de gens et vides d’annonces, du démantèlement industriel que la France vit peut-être avec du retard encore aujourd’hui. 

Mais malgré la dureté du moment, les agressions racistes, notamment, on rit, on pleure aussi, on chante, on s’exalte. Dommage que faute de bonne promotion et de stars, le film n’ait pas rencontré son public. Son seul défaut est qu’il n’y a pas tant de surprise que cela. Il n’est pas trop tard pour se rattraper par la sortie vidéo. Pour ceux qui aiment ce genre de cinéma anglais, qui aiment sortir d’une salle de cinéma en chantant, ….qui aiment la vie !

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Written on October 1, 2019
Categorie : cinema
Tags : 1980s,2010s,angleterre,Cinéma,Cinémaetsérie,musical,racisme,social