BD - Michel Vaillant 5 - Le 13 est au départ de Jean Graton (1963)

J’ai tendance à dire que les premiers albums de Michel Vaillant ont quelque chose d’indispensable pour les fans de la série et d’automobile ancienne. Ce tome là n’y manque donc pas et voici pourquoi.

Cet épisode a la particularité d’être consacré à une seule course : Les 24h du Mans. Sorti en 1963, la BD fait pourtant la part belle aux américaines avec les fameuses corvettes de Briggs Cunningham, ce qui daterait la course en 1960. Mais on parle aussi du changement de réglementation en F1 avec les F2 qui devenait F1. Et ça, c’est en 1961 que c’est arrivé avec les moteurs 1500, l’ère du moteur arrière avec les petites Cooper Climax. Michel Vaillant sort d’une année sabbatique, et tout commence avec un cauchemar de sa mère qui le voit mourir, poussé par une voiture rouge et blanche marquée du 13.

Il faut savoir que le 13 est un numéro qui n’est jamais donné dans les courses. Alors on suit la préparation de l’équipe Vaillante avec un des plus beaux modèles dessinés par Jean Graton, d’ailleurs. On voit aussi la préparation des Ferrari avec Enzo en personne, mais aussi des fameuses Maserati “Birdcage” de l’ingénieur Alfieri. Voilà pour toute la partie historique, même si j’oublie de parler des René Bonnet et autres voitures à motorisation Panhard.

L’autre fait marquant de l’album, c’est l’arrivé du méchant : Bob Cramer. Il sera le méchant attitré pour des dizaines d’album avec son air mauvais, sa balafre. Il est méchant mais pas encore tant que ça. Face à lui, il y a toujours Steve Warson et ….les frères Bianchi. Mauro et Lucien étaient pilotes français courant en Belgique mais on connaît surtout Lucien qui gagna l’épreuve et figura honorablement en F1 dans les années 60. Il mourra en 1969 au Mans justement et l’album a un coté étrangement prémonitoire. Le petit-fils de Mauro, Jules, est d’ailleurs décédé après un accident au Grand Prix du Japon de F1 2014.

L’album est donc un témoignage d’une époque où on trompait la mort avec une petite ceinture et un petit casque à 300km/h dans les Hunaudières. Si la mère de Michel s’inquiète, les hommes semblent ignorer le danger ou ne pas se l’avouer. Mais la peur est pourtant très présente. Bien sûr, il n’y a guère de suspens puisqu’il y a eu d’autres albums après mais c’est un des plus riches en anecdotes de course. Un album pour les passionnés.

A noter que ce tome est pour moi indissociable du suivant, La Trahison de Steve Warson, qui nous emmène voir la mythique Panamerica, de manière un peu brève, cela dit.

Written on January 16, 2018
Categorie : bd
Tags : 1960s,Automobile,bd,franco-belge,histoire,