BD - Metropolis de Lehman, De Caneva et Martinos (2015)

Si je me suis intéressé à cette série en 4 tomes, c’est évidemment par son sujet, lié au film mythique de Fritz Lang, mais aussi parce ce que c’est une Uchronie plutôt alambiquée.

Et pourtant, j’ai eu du mal à entrer dans cette histoire qui démarre vraiment après un bon tiers de volume. Le héros, Gabriel Faune, est froid, mystérieux et nous sommes donc en 1935. L’Europe est en paix depuis près de 65 ans et Allemagne et France ont construit une sorte de communauté européenne avant l’heure. La ville de Métropolis a été créée de toutes pièces et ressemble beaucoup au New York de cette époque. Première déception, je trouve que l’illustration est moins inventive que la vision qu’avaient eu Fritz Lang et ses décorateurs expressionnistes. Pourtant, le dessin est très fin, précis, parfois grandiose, sombre et j’ai eu un peu l’impression de me retrouver dans le film Dark City, d’Alex Proyas (qu’on a un peu perdu dans des films de commande). L’histoire démarre vraiment après un attentat sur la place de la réconciliation qui découvre une crypte secrète avec les cadavres de trois femmes. Faune est nommé enquêteur et doit faire équipe avec Lohman, l’inspecteur qui a arréter “M le maudit” (autre film de Lang). Les deux ont été soignés par un certain Freud…

L’histoire va essayer de faire des liens entre beaucoup d’oeuvres de ces années 30. On parle de l’Ange bleu, de Gustav Klimt, par exemple. Mais il y a aussi un passage avec un certain Lev Bronstein ou bien encore une allusion à Lovecraft. Les planches hommages à Klimt sont magnifiques d’ailleurs et j’aurais presque voulu voir un volume complet comme cela. Mais on reste dans un classicisme plus facile d’accès, au contraire de cette histoire. Je suis du genre à me délecter de toutes ces allusions, ces pistes mais en même temps, je ne suis pas sûr qu’elles servent toujours l’histoire. Le recours à un certain peintre autrichien qui a mal tourné, par exemple, ne me paraît pas le meilleur choix. Mais pourtant, on devient assez fasciné par les personnages et l’univers qui se crèe autour d’eux. Au point que les 4 volumes ne paraissent pas suffisants et qu’on voudrait aller un peu plus loin sur l’organisation de “L’interland”, le système diplomatique (où on voit même Churchill).

Une oeuvre qui se mérite, pourrait-on dire, mais qui peut être aussi source d’inspiration au même titre qu’elle a puisé dans beaucoup d’éléments. C’est aussi l’occasion de se replonger dans l’expressionnisme allemand, plus que bien d’autres styles de cette époque.

Written on March 6, 2018
Categorie : bd
Tags : 2010s,bd,expressionnisme,LittératureetBD,policier,sciencefiction,uchronie