Musique - Marie-Pierre Arthur

Marie-Pierre Arthur fait partie de cette nouvelle vague d’artistes québecois qui montrent d’autres facettes musicales de la belle province.

Avec sa formation de bassiste, elle a commencé par jouer pour les autres, avant de tenter elle même sa chance. En 2009, elle a sorti son album éponyme, mêlant ses bases de jazz à une pop-folk où se mélange l’âme gaspésienne. En 2012, elle nous emmène “Aux Alentours”, tourne en Europe mais ne parvient pas encore à s’installer durablement de ce coté de l’Atlantique. Qu’importe, elle est déjà reconnue au Canada. Mais cette année, avec “Si l’Aurore”, elle compte bien nous convaincre que l’on doit compter sur elle, dorénavant dans l’Hexagone.

Marie-Pierre, c’est avant tout une voix, un phrasé. Attention, pas la voix toute en puissance, mais plutôt aux accents jazzy avec une cassure discrète sur des aigus reconnaissables. On pense à une autre québecoise qui l’a précédé, Coeur de Pirate, mais la comparaison s’arrête là. Dès le premier titre “Rien à faire”, on se laisse prendre par le sens mélodique, le refrain accocheur et les sonorités plutôt rétro. Ce n’est pourtant pas passéiste du tout et cette production aide à nous faire partir dans ce voyage en douceur. La magie opère et l’on croirait avoir déjà entendu ces titres que l’on se met à chanter aussi sec. Dans ces sonorités parfois synthétiques, il y a justement la synthèse de tout ce qui fait un talent : Un son, une mélodie imparable, du texte, une présence.

Il y a du blues, de l’electro-nostalgique, comme dans le titre qui donne son nom à l’album. Défaut de la cuirasse : A force de paraître évidentes, les mélodies se noient dans une homogénéité qu’il est difficile de rompre pour donner son titre préféré. On trouvera même quelques accents 70s à la Bowie, ou d’autres titres qui sont plus dans un groove très Rythm N Blues. Marie-Pierre Arthur prouve que chanter en français passe tout à fait sur des sonorités qu’on croit réservées aux anglo-saxons. Et c’est peut-être ça qui caractérise cette nouvelle vague québecoise : faire un pont entre la musique Nord-américaine et française. Et c’est tout simplement “Beau dans ma tête”, comme elle le dit dans l’avant-dernier titre de cet album majeur dans ce début d’année 2015.

Comme quoi, il n’y a parfois pas besoin d’en faire des tonnes en production quand tout est là. Reste maintenant à l’accueillir chez nous avec autant de chaleur que celle qui se dégage de sa musique.

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Written on June 3, 2015
Categorie : musique
Tags : electro,folk,jazz,Musique,Pop,2010s