Cinéma - Les Traducteurs de Régis Roinsard (2020)

Que voilà un bien joli thriller dans le monde de l’édition avec une énigme à résoudre !

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Pour une fois, la bande annonce avait bien fait le job en donnant envie sans trop en montrer. “Le dernier tome de la série littéraire à succès Dedalus, du mystérieux auteur Oscar Brach, est sur le point de sortir chez la maison d’édition d’Eric Angstrom (Lambert Wilson). Neuf traducteurs sont avant cela rassemblés pour travailler dans le secret absolu sur la traduction du texte en français dans leur langue respective (anglais, allemand, russe, portugais, danois, mandarin, espagnol, grec et italien). D’horizons différents, ils vont devoir vivre reclus dans un luxueux bunker situé sous un manoir en France, pour éviter toute fuite. Malgré ces précautions, les dix premières pages du roman vont être dévoilées sur Internet. D’où vient la fuite et qui fait chanter l’éditeur ? “

Dans cette histoire, on pense à ces sorties mondiales de best sellers façon Harry Potter ou Dan Brown, ces grosses entreprises d’édition. Le scénariste Romain Compingt y fait de larges clins d’œils en parlant des “spin of” et des recettes reprises jusqu’à épuisement. Le fait d’avoir des traducteurs enfermés paraît sur-réaliste, voir irréel mais on se dit qu’avec un tel éditeur mégalomane, ça pourrait se faire. C’est bien lui qui prend la place de la star que devrait être l’auteur, devant les caméras et les objectifs. L’auteur ? On nous dit que c’est un petit libraire (Patrick Bauchau), ancien prof de Angstrom…Mais on se laisse surtout embarquer dans cette énigme et cette recherche du coupable, le “hacker” qui n’a pas de capuche cette fois. On a du flashback pour expliquer ce qui s’est passé selon divers point de vue, mais est-ce bien réel ?

Avec le huis clos, les gens de différentes provenances, la machination, on pense à des films de casse, ou même au récent “Casa de Papel”. Et si c’était une sorte d’Agatha Christie ? Cela paraît un peu facile. Alors on cherche en tant que spectateur à démêler les fils de cette intrigue. La mise en scène de Régis Roinsard est habile avec ce qu’il faut de scènes d’action, de suspens. Le casting est bon avec en tête ce Lambert Wilson au cynisme implacable. Il est jubilatoire dans sa méchanceté et son arrogance. L’ex-Jamesbondgirl Olga Kurylenko compose son personnage de femme/fan fatale et on retrouve aussi Riccardo Scarmacio, vu chez Sorenttino, Sidse Babett Knudsen vue dans Borgen, ou encore Frédéric Chau qui évite enfin le piège du chinois caritatural, et le jeune Alex Lawther (Imitation Game). Dommage que Sara Giraudeau ne puisse composer un peu plus le personnage de l’assistante humilié. A noter aussi la jolie bande son de Jun Miyake.

Bien sûr, il y a des incohérences en apparence…C’est pour mieux nous balader, justement. On ne comprend vraiment tout qu’à la fin. C’est assez rare dans ce type de films qui sont aussi des jeux pour les spectateurs. Il faut dire que l’on croit à tord tout comprendre à la moitié du film et que l’on croit être dans la recherche du “comment a-t-il fait” plutôt que le “Qui l’a fait” (whodunit). La machination vaut le détour . Et puis ce film tombe au moment où les auteurs parlent du peu de gains qu’ils obtiennent par rapport à la part de l’éditeur, les fameux 5% . Et si c’était aussi le sujet caché du film ? Seul le réalisateur (qui avait aussi fait le sympathique “Populaire) et le scénariste pourront répondre à cette… énigme.

Un très bon moment passé pour un film d’1h45 bien remplie.Il aborde sa deuxième semaine d’exploitation mais je pense qu’il a un potentiel de bouche à oreille. A condition de ne pas donner trop d’indices !

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Written on February 7, 2020
Categorie : cinema
Tags : 2020s,énigme,Cinéma,Film,thriller