Cinéma - Les Bonnes intentions de Gilles Legrand (2018)

Donner aux autres, de l’argent, de soi, aider, cela part souvent d’une bonne intention mais cela peut avoir d’autres conséquences. Gilles Legrand s’interroge dans cette jolie comédie.

Isabelle, 50 ans, (Agnès Jaoui) deux enfants, mariée à un ex-réfugié bosniaque, vit à Paris. Elle est bénévole dans de multiples associations caritatives, surinvestie, addict à l’aide sociale. Elle donne des cours de français dans une association à des réfugiés et illettrés. Mais elle en oublie sa famille, la réalité, jusqu’à imaginer  faire passer le permis à “ses réfugiés” avec l’aide d’une auto-école en déclin (Alban Ivanov). 

Le film n’est pas exempte de défauts. Les réfugiés d’abord qui enfilent les clichés comme des perles (le rom voleur de poule, la chinoise masseuse, etc… ) mais le scénario désamorce cela dans le premier quart d’heure. Isabelle est l’archétype de la bobo bien pensante et Attila (le moniteur d’auto-école) celui du loser bougon. On rajoute à cela la vieille un peu facho et la gentille allemande parfaite (Claire Sermonne) et ça nous donne une jolie galerie de personnage pour nous divertir. Le film aborde beaucoup (trop?) de sujets autour de l’aide, du caritatif, de bénévolat. Et évidemment, on ne sort pas de là avec des réponses toutes faites.

On sort de là pourtant avec du sourire, de l’émotion parce que la mise en scène tient la route, parce que le jeu d’acteur est aussi de qualité. Rien que le rôle de Bénureau est à tomber, même s’il est assez coutumier de ce type de personnage. Je trouve que la bande annonce, finalement, avait du mal à retranscrire tout cet ensemble complexe, parfois brouillon parfois lumineux. Certainement pas le film de l’année mais une jolie œuvre qui a du sens en ce moment, qui me touche aussi par rapport à des rencontres que j’ai faites. Je ne vous révèlerai pas un des secrets du film mais nous avons tous de bonnes raisons pour souhaiter aider les autres, les démunis, les faibles, les sans-voix. 

la video

Et puis, rien que pour certains dialogues, ça change un peu des comédies putassières qui sortent par brouettes. Je crains que le film ne disparaisse déjà des écrans après deux ou trois semaines d’exploitation.

Written on December 3, 2018
Categorie : cinema
Tags : 2010s,caritatif,Cinéma,comédiedramatique,Film,réfugiés