Littérature - Le Citron de Motojiro Kajii (1925)

Une fois n’est pas coutume, je vais parler d’un recueil de nouvelles. Mais c’est le genre de livre qui peut vous accompagner longtemps, devenir un livre de chevet.

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En fait, c’est une sorte de poésie en prose, des instants de vie magnifiés par les mots. Le thème de la mort est omniprésent mais cela n’en fait pas un recueil sombre. La présentation de l’édition Picquier permet de mieux comprendre le contexte, qui est cet auteur éphémère qui ne vécut qu’une trentaine d’années. Il attendait lui même la mort avec une maladie qui le harcelait. Ce n’est pourtant pas autobiographique mais à la lecture, on ne peut s’empêcher de penser qu’il met beaucoup de lui-même dans chacune des histoires.

Nous sommes au Japon du début du 20ème siècle, un japon post Meiji qui change mais qui n’est pas encore un grand pays riche, ni vraiment une dictature militaire. Mais les récits paraissent intemporels, décrivant avec poésie des moments de vie qui pourraient paraître anodins. C’est une silhouette, c’est un arbre et un lever de soleil, c’est un bruissement de feuilles, ce sont des couleurs de fruits…Bien que court, ce recueil demande à être lu dans le calme, isolé du monde pour entrer dans celui de l’auteur. Pour ma part, j’ai accompagné ma lecture de la musique de Akira Kosemura, parfaite pour s’oublier. Et j’ai été bouleversé par chacune des histoires, ce qui m’a donné envie de me donner le temps d’observer, écouter, regarder la vie autrement.

En fait, j’ai eu l’impression de lire des Haïkus en plus développés et ça tombe bien puisque l’auteur a été aussi influencé par ces poètes. Il aura fallu attendre les années 90 pour voir une traduction française de son oeuvre mais hélas partiellement car il manque certaines des 18 nouvelles originales. Je me contenterai donc de celles-ci qui donnent un bel aperçu de ce que la littérature japonaise recèle comme trésors.

Written on August 6, 2019
Categorie : litterature
Tags : 1920s,japon,littérature,livre,poésie