Cinéma - La Voie de la Justice de Destin Daniel Cretton (2020)

C’est le dernier film chroniqué ici avant quelques temps… Un film porté par l’histoire vraie de l’avocat Bryan Stevenson contre la peine de mort qui tue 1 innocent sur 9 aux USA.

Avant de parler du film, je dois parler du contexte bien particulier où je l’ai vu. Ce fut la dernière séance avant la fermeture des cinémas pour cause de Coronavirus. Une ambiance particulière…Une salle limitée à 100 personnes réparties bien au 4 coins de la salle. Je n’ai touché aucun bouton de porte, gardé mes distances avec tout le monde….Et tout le monde avait cette attitude prudente. Ce n’était pas mon premier choix mais finalement, je ne regrette pas. Le titre français n’aidait pas (Just Mercy en V.O)

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Je n’avais pas spécialement remarqué ce réalisateur de ma génération. Il s’attaque donc à un biopic donc on sait déjà la fin (bonne en général sur les films US) et le déroulement avec la phase de doute du héros, l’obstacle à franchir … Le pitch : “Après des études à l’université Harvard, Bryan Stevenson est promis à une brillante - et lucrative - carrière d’avocat. Il décide cependant de se rendre en Alabama pour défendre des personnes condamnées à mort telles que Herbert Richardson1 et Anthony Ray Hinton. Il est aidé par Eva Ansley, une militante locale. L’une de ses premières affaires est celle de Walter McMillian (surnommé “Jimmy D.”), condamné à mort en 1987 pour le meurtre très médiatisé d’une jeune fille de 18 ans.”

C’est une histoire vraie, une histoire qui mêle deux thèmes : Le Racisme et la Peine de mort. C’est le principal problème du film. A vouloir traiter deux sujets, il finit par en délaisser un des deux. Evidemment nous sommes dans un des pires états pour ce qui est du racisme aux USA. Donc c’est d’abord cet élément qui est le plus traité avec l’arrivée, l’intimidation des autorités, l’humiliation. Du classique déjà utilisé dans d’autres films sur ce thème (Mississippi Burning, Dans la chaleur de la nuit…entre autres). C’est aussi un film de procès sans en avoir tout le registre du genre. Et puis c’est un parcours initiatique d’un jeune avocat qui va se construire dans les épreuves. Il est d’abord motivé par l’injustice vis à vis des populations pauvres (souvent noires) du sud. C’est ce qui le pousse à créer “Equal Justice Initiative” bien qu’il y ait des clients blancs.

Si le marketing cite “La ligne verte”, nous sommes loin de la charge émotionnelle de ce modèle. L’histoire suffit à nous faire nous révolter, à pleurer pour un condamné à mort exécuté, à hurler à l’injustice, à frapper les barreaux. La mise en scène est finalement très classique, presque banale. Techniquement, il n’y a rien à dire. Les acteurs sont investis, avec un Jamie Foxx qui n’a pas le rôle du héros mais surprend agréablement. Le moment du doute, crucial dans le film, est traité en mode religieux. Bref, ce n’est ni un très bon film, ni un mauvais film mais un film narrativement efficace. Vous le verrez plus probablement chez vous que dans une salle maintenant. S’il faut vous convaincre que la peine de mort n’est pas une bonne solution, cela peut participer à votre réflexion, à défaut de convaincre.

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Written on March 18, 2020
Categorie : cinema
Tags : 2020s,Cinéma,peinedemort,racisme