Jeu vidéo - Nouveaux supports, nouveaux joueurs

C’est quand j’ai vu que Cyrille Borne rachetait une Wii (j’ai vendu la mienne il y a un an), que l’idée de cet article m’est venue. Est-ce le support qui fait le joueur ou le joueur qui fait le support ?

Depuis les années 80, j’ai à peu près tout connu comme console/ordinateur pour jouer, jusqu’à ma dernière évolution : Le jeu sur smartphone. Avec le jeu dématérialisé sur console, c’est maintenant là que ça se passe, même si je peste contre le clonage de succès et le reboot de vieilles licences, avec le relookage de succès passés…. Non, là, ce n’était pas mieux avant, Cyrille, ha ha.

Si je joue aujourd’hui sur smartphone, c’est surtout parce que mon activité ne me permet plus de jouer paisiblement sur une console de salon sur la télévision. J’ai laissé tomber la course à l’armement sur PC quand le jeu en ligne a été mûr sur console. Mais je retrouve aussi le même comportement des joueurs en réseau, à savoir, la triche, les cheats, l’anti-jeu. Bref, tout ce mauvais coté de l’humain. Le jeu en ligne sur smartphone ne règle pas le problème de toute façon. Oui, c’est bien mon activité, mes occupations avec les animaux et aussi l’age adulte et les responsabilités, plus que la lassitude qui ont causés mes migrations successives.

Le coté raclette, le online indigent, les licenses exploitées à outrance…et l’embourgeoisement de Mariokart ont fini par me dégouter de la Wii. Après avoir bourlingué pas mal sur XBox360, je me suis aperçu que je n’avais plus le temps de m’investir dans les nouveaux jeux autant qu’avant. La PS3 ne sert plus que de lecteur DVD/Blueray plus quelques pépites du genre flowers. Et pour la DS, c’est le jeu à deux qui l’emporte pour sa simplicité, le hardware étant totalement dépassé maintenant par le moindre smartphone à moins de 100 euros. Et ne parlons pas de la Saturn, la PS1, la PS2, la PSP, la Gamecube, la XBOX 1…et les deux GBA avec leur cable de liaison. Car oui, nous sommes un couple de gamers qui a viré casual. Il nous faut maintenant des sessions courtes, des jeux qu’on peut arrêter n’importe quand, n’importe où. Je n’ai même plus assez de temps de transport pour m’adonner à cette passion. Donc si je répondais à ma question du début, c’est bien le joueur qui recherche un support adapté, à savoir une console qu’on puisse emporter partout avec des jeux proposant des sessions courtes (ce qui ne veut pas dire ambitieux techniquement et longs à finir). Si nous avions des enfants humains, sur que ça serait différent car nous aimerions partager avec eux des moments ludiques.

ngage

Mais il y a quelques années, au moment où Nokia a sorti la N-Gage, jouer sur téléphone portable faisait bien rire. Il n’y avait que la gameboy (la gamegear de sega et la neogeo portable de snk et la lynx d’Atari n’étant plus de ce monde) mais là aussi le jeu n’était pas si casual que cela. Nintendo et certains éditeurs, de RPG notamment, ont mis du temps à comprendre la nécessité de ne pas adapter simplement les licenses des consoles de salon. Entre les puzzle games, les RPG et jeux d’aventure avec une sauvegarde intermédiaire (là aussi le hardware l’a permis), les jeux de course avec des étapes ou des sessions de quelques tours, la proposition ludique a évolué jusqu’à aujourd’hui avec une dérive imprévue dans les smartphones : l’achat in-game.

Aujourd’hui, j’ai trouvé mon compte sur smartphone même si après quelques années très créatives, on en vient à une saturation du marché et une mercantilisation exagérée. J’avais perdu un peu la foi concernant le jeu vidéo avant l’arrivée du Xbox Live Arcade et des éditeurs indépendants. J’ai l’impression que l’on va aussi arriver à l’aube d’une autre révolution. Depuis moins de deux ans, la créativité est en baisse malgré un hardware toujours plus performant. Pour une fois, ce n’est pas moi qui ai changé mais le jeu qui va aller vers autre chose. Et d’ici là, j’aurais surement revendu quelques consoles pour faire de la place à l’avenir.

Written on August 22, 2015
Categorie : geek
Tags : geek,Geekeries,jeuvideo,retrogaming