BD - Le dernier envol du papillon de Kan Takahama (2014)

Si j’ai choisi de parler de ce manga édité par Glénat, ce n’est pas parce je me suis extasié dessus plus que ça. C’est un ensemble de choses…

Tout d’abord il s’agit d’un récit historique se passant au japon au tout début de l’ère Meiji, une période qui me passionne. Ensuite il s’agit d’une vision féminine (Kan Takahama est Une mangaka) d’un monde très particulier, celui des courtisanes (Geisha), qu’on a souvent caricaturé. Comme le montre le lien juste à coté, j’avais déjà abordé ce sujet à travers une roman saga qui n’est hélas pas le plus connu du genre. Et puis il s’agit d’un manga pour adulte même si l’érotisme qui s’en dégage est très soft. Le sujet ne pouvait que verser dans ce domaine.

Alors je ne me suis pas extasié sur cet ouvrage malgré la jolie couverture qui promettait beaucoup. On reste, en effet, sur du classique dans la réalisation, autant dans le dessin que dans le scénario.

Kicho, la plus belle courtisane de Nagasaki, séduit tous les hommes sans exception. Cependant, du vieux marchand ivrogne au médecin étranger, elle continue à accepter tous les clients, même les plus méprisables. Quel secret cache-t-elle derrière sa douce mélancolie ? Le jeune garçon qui nourrit une haine farouche envers elle détient peut-être les clefs du mystère…

On retrouve dans le récit toute la fascination qu’exercent ces femmes rafinées, autant chez les japonais que les Hollandais qui sont en train de commercer avec l’empire japonais déclinant. C’est donc la période de l’ouverture à l’occident de l’empereur Meiji. Le Japon prend conscience de son retard technologique et culturel et entreprend de le rattraper. On retrouve les critiques à l’intérieur du pays, les premières révoltes, le danger des quartiers multiculturels. Et en même temps on entre avec discrétion dans ce monde à la fois rafiné et glauque, plein de paradoxes (je vous laisse le découvrir dans le chapitre du baiser).

Le trait est précis et détaillé, sans en faire trop. Du descriptif initial, on entre peu à peu dans une histoire forte qui finit dans une sorte d’apothéose de sentiments. L’album est donc intéressant pour son histoire tout comme son univers, si évidemment cette période vous intéresse. Il trouve un juste équilibre entre le récit et l’érotisme inhérent à la profession de Kicho. Le petit parallèle avec les estampes de l’époque est bien trouvé au début, donnant une légitimité au traît moderne de la mangaka. Une jolie réussite, pour mon avis très personnel.

Written on June 5, 2018
Categorie : bd
Tags : 2010s,geisha,histoire,japon,bd,manga,seinen