Musique - DAM – Ben Haana Wa Maana (2019)

Je n’ai pas beaucoup traité de hip-hop par rapport à la répartition du marché musical, du moins de sortie récente. Il a fallu que j’aille de l’autre côté de la méditerranée pour que cela m’intéresse.

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DAM est un collectif palestinien ce qui ne manque pas déjà de faire polémique. Originaires de Lod (Israel), ils revendiquent leur identité palestinienne et parlent du conflit, de la pauvreté, se faisant porteur de la réalité de la Palestine qu’ils estiment cachés aux Israeliens. « Le nom du groupe signifie « éternité » en arabe (دم) et sang en hébreu (דם), mais est également l’acronyme de Da Arabic MC’s ». Ils chantent donc en arabe, en hébreu, mais aussi en anglais et même en français. L’album dont je traite ici date de 2019 et est leur troisième après pourtant 20 ans de carrière.

Forcément, quand on ne comprend pas directement les paroles, il y a la musique et le ressenti qui jouent en premier. Et puis ensuite on va voir les traductions qui sont justement présentes (en anglais) sur leur site officiel (https://www.damofficialband.com/lyrics-). On peut qualifier ça de Hip-hop electro par le recours à des samples, et instrumentations électroniques, avec une forte identité orientale. C’est un hip-hop militant par contre, intello dans les paroles et faisant appel à une chanteuse (Maysa Daw) et un ou plusieurs chanteurs… Maysa est effectivement plus présente sur cet album alors qu’elle ne faisait pas partie du groupe au début.

Les chansons tirent parfois sur la pop pour être plus fédératrices, tout à fait comme le rap actuel. Cela me fait aussi penser à ce savant mélange d’influences qu’est Asian Dub Foundation. Les dirigeants de chaque bord en prennent pour leur grade, tout comme la communauté internationale. On laisse faire, on file des milliards que le peuple ne voit jamais. Il y a besoin d’espoir aussi.

« Shalom, je n’ai pas besoin de ton Shekel Je vais me débrouiller tout seul, je n’ai pas besoin de ta chaise ou de ta Knesset Prenez votre libéralisme et enfoncez-le dans le cul Tu as des trous dans ton masque blanc, O-KKK? Voyons, je suis l’opprimé donc je suis en charge « Ravi de vous rencontrer » Je suis agriculteur, et c’est ma faucille Nous devons déraciner beaucoup de mœurs Mais nous n’avons jamais eu ISIS avant Bush »

Ca c’est pour le titre « Prozac », un des plus réussi de l’album sous la forme d’une sorte de dialogue et une rythmique très syncopée. Autant dire que malgré la joie que peuvent apporter certaines instrumentations, nous sommes loin du rap insouciant qui plait sous nos latitudes. On parle aussi de drogue, refuge de beaucoup, notamment à Lod, plaque tournante du trafic. S’il fallait démontrer que le rap est devenu universel, DAM le prouve amplement et avec intelligence.

Nous avons donc un album inventif, dépaysant pour ses sonorités et qui permet de s’interroger à ce complexe sujet du conflit israelo-palestinien à travers son peuple et non les médias et les dirigeants. Il y a aussi des critiques du conservatisme de la société palestinienne mais de la positivité aussi. Je vous laisse découvrir cela à travers un des titres emblématiques de l’album.

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Il va de soi que le rap, ça se conçoit live et je mets donc une deuxième vidéo pour montrer ce que cela donne dans un concert. Si on y perd un peu sur la puissance sonore, on y gagne sans doute dans la clarté des paroles.

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Pour ceux qui sont réfractaires au rap, est-ce que cela leur donnera envie d’en découvrir un peu plus ? C’est à vous de me le dire. En tout cas, c’est un groupe de plus que je suivrais…

Written on October 6, 2020
Categorie : musique
Tags : 2010s,hiphop,israel,Musique,palestine,procheorient,rap