BD - Chroniques de Jerusalem de Guy Delisle (2012)

J’avais déjà abordé d’autres **ouvrages de cet auteur** Canadien (Gaspésien pour être plus précis). Mais je n’avais pas encore mis la main sur cet opus consacré à la ville sainte, et par extension à Israël et la Palestine. Si l’ouvrage est édité ici en 2012, il est sorti fin 2011 et relate un séjour en 2008-2009, puisque l’on y parle de l’opération Plomb Durci.

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Si je conseille la lecture de cet ouvrage de plus de 300 pages, c’est qu’il est déjà de la même qualité que les précédents, et surtout il donne l’occasion de comprendre un peu mieux le conflit Israelo-palestinien avec ce qu’il se passe sur place. Pourtant, nous ne sommes qu’en majorité à Jerusalem, un peu à Hebron, Tel-Aviv et justement on peut voir toutes les différences entre ces villes. Guy Delisle est un simple observateur, relativement neutre, même si sa femme travaille pour MSF dans la bande de Gaza. Il se retrouve donc à passer un an à Jerusalem Est, dans un quartier arabe frontalier d’un quartier de colons. Il fait à la fois son touriste en visitant les lieux emblématiques de la ville sainte, mais il essaye déjà d’y vivre convenablement avec ses enfants qui doivent suivre une scolarité. On découvre alors une société proche de l’Apartheid (et les propos de la presse locale sont plus crus que ceux de notre presse hexagonale bien timide sur le sujet, comme le rappelle l’auteur).

Avec toutes les confessions présentes, rien n’est simple, et même entre chrétiens quand on voit un des épisodes. Car le récit est composé de petites histoires, de petits moments de vie, croqués par le dessinateur. Il y a par exemple les moments où Guy Delisle part à l’étranger pour son travail puis revient….très difficilement avec les procédures qui se complexifient. Il est aussi confronté peu à peu au regard extérieur de ceux qui ne viennent que quelques jours, aux nouveaux arrivants de l’ONG, etc… Les 300 pages passent vite et ce sont tous ces détails qui font la force de l’ouvrage.

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Rien à dire de plus sur le style graphique, toujours identique aux précédents. Si on n’aime pas ce dessin simple d’apparence, forcément, ça n’aidera pas. Le récit est entrecoupé par des phases plus touristiques, basées sur des croquis réalisés sur les lieux des visites, et sur des photos. Ceci explique aussi le décalage entre la sortie du livre et le moment où Guy Delisle était sur place. Malheureusement, on ne peut pas dire que ça va mieux maintenant, malgré quelques changements dans la vie politique de la région. Un livre témoignage, en plus d’être autobiographique.

Written on January 28, 2020
Categorie : bd
Tags : 2010s,autobiographie,bd,guerre,israel,palestine