Musique - Akira Kosemura - Momentary (2016)

J’avais parlé de ce musicien japonais il y a 3 ans dans un “à suivre” d’Histozic. Le prolongement naturel était donc de parler d’un de ses albums.

Déjà à l’époque, j’avais été frappé à la fois par son éclectisme mais aussi sa recherche de l’épure, son utilisation des silences, qui le rapprochait en cela d’un autre grand musicien japonais, Joe Hisaishi, que l’on connaît chez nous pour ses bandes son de films. Mais cet album, sous-titré “memories of the beginning”, va plus loin. Il alterne justement des partitions au piano avec d’autres morceaux plus pop, parfois folk agrémentés de voix féminines invitées et ouvrant une plus large palette. Bandcamp a cet avantage aussi par rapport à Soundcloud où je l’avais découvert, d’offrir une qualité sonore en relation avec la qualité de production.

Ce type de musique ne souffre pas l’approximation. On peut entendre cette recherche constante de l’enchaînement pur, de la mélodie simple et douce à nos oreilles. L’album peut sembler parfois répétitif dans un morceau mais c’est justement dans la subtilité des variations que se niche son charme. Moi qui aime aussi la sophistication des arrangements, la grandiloquence d’une production classique ou metal, je trouve ici une sorte de négatif mais qui participe pourtant d’une même volonté : Tendre à la perfection. Attention, ce n’est pas la perfection sans âme qu’on peut retrouver chez certains musiciens virtuoses. Il s’agit ici de procurer une émotion avec peu de choses, un souvenir parfois (memories…). L’album n’est pas exempt de nostalgie tout en apportant une pointe de dépaysement propre à la culture japonaise.

Mais le paradoxe est aussi qu’il nous emmène sur des titres plus “pop”, des mélodies toutes simples comme “Ephemeral”, par exemple, avec une voix féminine aigue et voilée. On retrouve bien des parentées entre les morceaux dans les arpèges mais le point commun est ce sentiment de pureté et de légèreté. Même s’il y a des morceaux en anglais, j’avoue ma préférence pour le japonais et ses sonorités étonnamment latines, parfois. Le violon dans “Precious” avec l’instrumentation rappelleront des souvenirs à bien des cinéphiles de japanime, je pense. Je reste un peu circonspect sur quelques effets de production, comme sur “Blue” ou “Niji no Kanata”, qui tente de réhausser des morceaux faibles de l’album.

Entre néoclassique, jazz et pop, Akira Kosemura semble hésitant mais c’est finalement tout son talent. Ses mémoires de ses débuts manquent parfois d’homogénéité mais racontent pourtant une histoire, son histoire. A nous, auditeurs, de nous glisser dans cet univers musical qui nous est proposé. Et rien que pour Imagery, j’ai envie que ça ne se termine pas.

Invités :  yanaginagi, nikiie, lasah, Shaylee & Devendra Banhart

  1. Starry Night
  2. Ephemeral feat. yanaginagi
  3. Awakening
  4. South Wind feat. nikiie
  5. Momentary
  6. Precious
  7. Blue
  8. Niji no Kanata feat. lasah
  9. Prelude
  10. Promise with You feat. Shaylee
  11. The Door feat. nikiie
  12. Farewell
  13. Someday feat. Devendra Banhart
  14. A Map
  15. Imagery

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Written on March 19, 2017
Categorie : musique
Tags : 2010s,jazz,Musique,néoclassique,Pop